REPORTAGES   (maj 12/10/2017)

Biographie Chef de Corps 1 REC   Biographie Chef de Corps 2REG

 

 Reportage jumelage avec la Légion Espagnole   Article journal Espagnol

 

Assemblée Générale de l’AALEV du 15 avril 2017

  Article journal AG 201      Discours du Président     Rapport d’activités AALEV 2016-2017   Lettre du Président sortant

  Discours  d’investiture du Président CROMBEZ

 

 

 Doc sur les soldats de France y compris les légionnaires     Lattre du Général DARY

 Audition du CEMA  Parcours de soins  Info sur la CSSM pour les retraités

. Vert et Rouge(1 REC) n°5 de 1946

Edités par le Ministère de la Défense les Guides du bon usage    des  médias sociaux          des  réseaux sociaux

   Lettre d’ailleurs et d’ici   Eloges du LCL Pierre LEGRIS

    Sortie Aubagne 2016 Vous pouvez agrandir la photo et cliquez dessus pour lire le cr           Installation Carpiagne  Plaquette Légion 2015Rapport activités 2015-2016

    Décret Garde nationale    La charte de fonctionnement de l’Armée de terre     Ordre du jour du Général  MAURIN COMLE

Assemblée Générale du 23 avril 2016

   Intervention du délégué FSALE          Intervention du Président AALEV     Rapport activités 2015-2016      Article de presse

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  Biographie du Gal Grosjean porteur de la main en 2016                                    Eloges du Capitaine BRANCA

                             Biographie des légionnaires morts dans  l’avalanche  de janvier       Le sixième légionnaire décédé                          Le CBA Tardif d’Hamonville

 Communiqué du Gal CANN ancien membre du Conseil de la LH        Procès des quatre légionnaires de Djibouti     Lettre du Chef de Corps  1 REC de RCA

  Chiffres clés défense 2015      Hommage au Cne Jallier      Eloges ADC GRabner     Décoration du CES Simon et Cne Nicolich

 

     Organisation des CDO de l’Air          Discours du MIDEF                          Eloges Adj/chef Lequenne       Discours du Président Ponce Navarro le 17 mai 2015 *

 Eloge du Cl Roger.Gaggio       Assemblée Générale de 2015          Article de presse camerone2015 Communiqué sur le format de l’Armée de Terre

   Pourquoi la FSALE       La ½ demi-part des veuves des anciens combattants  La legion à Colmar et Strasbourg        Opération Chammal     Général de Villiers     Article Communication et Influence

 

 Hommage à la marraine du 1 REC " Extrait de l'article  rédigé par Michel de Lessan, ancien chef de corps du 1er REC et administrateur de la SAMA , paru dans la Revue N° 140 de la Société des Amis du Musée de l'Armée"

 Grand rapport de l'armée de terre 2014        CSFM de décembre 2014    Crèches 2REG 2015     conseil de la légion étrangère  Historique Pére Noel    Historique Arbre de Noel

   Lettre  sur Association ou Syndicat            Un jeune chinois         Adieu 1 REP  Président au congrès du 6 octobre 2014         CR du Conseil sup.fonc .mili

.     Biographie Col Fesneau             Afrique réelle    Réorganisation des forces en Afrique  Reportage Gal Bertrand Clément-Bollee       Eloge du Général Lorho 

   Général de division Jean Maurin . Les futurs locataires du quartier      Historique sur le quartier Viénot   . Reportage Général LORHO . Centenaire de 14-18    Honneur aux anciens du COMLE

  Lettre du G2S     lettre de la cour des comptes, la rémunération des militaires Analyse du livre blanc   Eloge Funèbre du Cdt Hélie de Saint Reportage sur le Légionnaire d'aujourd'hui (Cliquez sur la flamme)  

 

Un entretien avec l'historien Francis Simonis sur la colonisation française du Mali. Sans langue de bois ! Francis Simonis, maitre de conférence à l'université d'Aix-en-Provence, est un spécialiste de l'histoire de l'Afrique de l'Ouest, en particulier de la période coloniale au Mali et en Guinée. Pour nous, il revient sur la précédente opération militaire française à Tombouctou et ses conséquences.
Comment s'est déroulé la première conquête de Tombouctou par l'armée française ?
  "Depuis l’installation des Français à Bamako en 1883, l’expédition de Tombouctou était dans toutes les têtes, et les lieutenants de vaisseau Jaime et Caron en avaient préparé les voies à bord de canonnières sur le Niger en 1887 et 1889. Les marins rêvaient en effet d’être les premiers à rentrer à Tombouctou.
Le gouvernement n’était pas favorable à de nouvelles conquêtes. Depuis des années, les militaires n’en faisaient qu’à leur tête. Les officiers et sous-officiers étaient le plus souvent sortis avec des rangs médiocres des grandes écoles militaires. Provoquer des combats leur permettait de progresser au tableau d’avancement et parfois d’être décorés.
L’armée coloniale étaient constitué d’officiers et de sous-officiers français et de quelques hommes de troupes encadrant des tirailleurs africains dits sénégalais, mais en majeure partie Bambara recrutés directement dans ce qui était alors le Soudan Français. Les troupes comptaient aussi des spahis et des compagnies de tirailleurs auxiliaires. Elles étaient très bien équipées et relativement bien commandées. L’usage était cependant de laisser les tirailleurs piller les villages conquis, et tous se partageaient le butin, dont de nombreux esclaves, y compris les officiers français qui y trouvèrent des concubines ! J’écrirais volontiers un livre qui s’appellerait Les guerriers polygames de la République sur les officiers de la conquête…
Dès cette époque donc, l’un des principaux problèmes était d’éviter les débordements, pillages et exactions des troupes africaines. Beaucoup en effet ne s’engageait que pour les pillages qu’ils escomptaient mener et compter bien revenir chez eux avec des captifs. Les auxiliaires n’étaient parfois pas payés (ce n’était pas le cas ici), et dans ce cas il fallait bien les mener au pillage pour les rétribuer …
Lors de la campagne 1892-1893, Archinard avait pris Mopti et Djenné. Il avait planifié secrètement la prise de Tombouctou pour la prochaine campagne. La population de Tombouctou, disaient les officiers français, lassée par les pillages et les brimades qui lui étaient infligés par les Touareg, appelait la France à son secours et accueillerait ses troupes en libérateurs.
Archinard fut en fait destitué pendant son congé et Bonnier se retrouva à la tête de la colonie. Il décida alors de prendre Tombouctou. Dès qu’il apprit qu’un gouverneur civil (Grodet) était nommé pour le remplacer, et empêcher les troupes de faire colonne, il partit immédiatement pour Tombouctou sans pouvoir être arrêté.
Le 26 décembre 1893, le colonel Bonnier partit de Ségou par le fleuve à la tête convoi de 300 pirogues, avec environ 400 fusils. Le commandant et futur Maréchal Joffre, du génie, qui avait été envoyé à la colonie pour s’occuper de la voie de chemin de fer alors en construction entre le fleuve Sénégal et le fleuve Niger, fut chargé de rejoindre Tombouctou par voie de terre, avec des effectifs combattants similaires, mais des centaines de porteurs. Dans la colonne Joffre se trouvait celui qui n’était encore que le capitaine Laperrine qui faisait partie de l’escadron de spahis soudanais.
Le lieutenant de vaisseau Boiteux qui commandait la flottille du Niger les avait devancés et devait les attendre à Mopti. Il allait en fait outrepasser ses ordres et laissant ses deux canonnières au mouillage à Kabara, entrait dans Tombouctou le 11 décembre.
Le 28 décembre l’enseigne Aube qui voulait rejoindre son chef fut massacré avec une quinzaine de matelots.
Le colonel Bonnier atteignit la ville le 10 janvier 1894, à l’issue de ce qui fut qualifié alors de « raid merveilleux ». La ville était prise, sans combat, et le drapeau français flottait sur Tombouctou. « C’est l’arme sur l’épaule que la colonne entre dans la ville. Les habitants sont enchantés de son arrivée. Maintenant, ils n’ont plus à craindre les fameux Touaregs, qui d’ailleurs n’ont pas jugé prudent de se montrer » écrit fièrement un membre de l’expédition.
Le 12 janvier, le colonel Bonnier partit en reconnaissance « dans l’intention de débarrasser les environs des nomades qui les infestaient » et de tirer vengeance de la mort de l’enseigne de vaisseau Aube. Pendant trois jours, ce ne furent que razzias et pillages, la colonne s’emparant de plus de 1000 moutons mais aussi de quelques femmes de notables Touareg …
On s’explique mal le sens de cette expédition dirigée par le colonel en personne avec tout son Etat-major ... Le 14 janvier les soldats bivouaquèrent  à Tacoubao  sans prendre la moindre précaution. Les faisceaux furent formés, et les soldats allumèrent de nombreux feux pour se réchauffer. Le drame eut lieu quelques heures avant le lever du jour : en quelques minutes, le camp fut submergé par les Touareg. Des 14 Européens présents, 11 périrent, dont le colonel et 8 de ses officiers. Plus de 70 tirailleurs furent tués, mais aussi des dizaines de porteurs, domestiques, bergers qui accompagnaient les troupes.
Joffre n’arriva à Tombouctou que le 12 février. De vives polémiques s’élevèrent entre militaire sur la lenteur de sa marche et sur sa propension à se dire le « vainqueur de Tombouctou », titre revendiqué par la famille de Boiteux et celle de Bonnier
Ce que notèrent tous les officiers qui eurent à intervenir dans ce qui est aujourd’hui le nord du Mali, c’est que les troupes africaines très à l’aise et efficace dans les savanes qu’elles connaissaient bien perdaient toute aptitude au combat en milieu désertique. Malgré la supériorité de leur armement, les soldats se montraient le plus souvent pris de panique face à des adversaires courageux, motivés et connaissant bien le terrain.
Pendant près d’un an, il fut pratiquement impossible aux occupants de sortir de Tombouctou, et les escarmouches, coups de mains et attaques surprise se succédèrent pendant des années avant que la région ne fût définitivement « pacifiée ». Il fallut en fait mettre en place des unités méharistes pour intervenir efficacement dans la région.
La conquête de la région débuta réellement en 1896, le long du fleuve Niger, puis, à partir de 1898, après une alternance d’opérations militaires et de négociations, les Touareg Iwllemmedan (Oullimiden) firent leur soumission en janvier 1903 ce qui permit l’occupation effective de la région de Gao où un poste avait été fondé en 1899.
L’occupation de la région de Kidal était plus problématique. Viendrait-elle du Nord, c’est-à-dire de l’Algérie, ou du Sud, à partir du Soudan. ? Lors de la délimitation de frontière de 1905 entre le ministre des Colonies pour l’AOF, et celui de l’Intérieur pour l’Algérie, l’Adagh fut finalement rattaché au Soudan qui s’appelait alors le Haut-Sénégal-Niger. L’Adagh fut occupé sans combat après négociation à la fin de 1908 et un poste fondé à Kidal au début de 1909."


Pourquoi Tombouctou est-elle une ville mythique ?
"La célébrité de Tombouctou est venue en Occident par l’Afrique du nord et le commerce transsaharien. La ville a entretenu des liens anciens avec le Maroc, par exemple. Au XVIe siècle, Tombouctou est une métropole islamique connue dans le monde arabo-musulman tout comme au Sahel. Ses savants, comme le célèbre Ahmed Baba, emmené en captivité au Maroc après la prise de la ville par les Marocains en 1591 était l’un des plus grands lettrés de son temps. On a longtemps vu Tombouctou comme un eldorado d’où partaient d’immenses caravanes et où vivait une population riche et instruite.
En 1825  La Société de Paris décida d’offrir un prix important au premier voyageur qui attendrait Tombouctou, mais aussi en reviendrait. René Caillié y parvint à partir du Sénégal en 1828. Les mots de René Caillé qui dit sa déception sont célèbres : « Revenu de mon enthousiasme, je trouvai que le spectacle que j’avais sous les yeux ne répondait pas à mon attente ; je m’étais fait de la grandeur et de la richesse de cette ville une toute autre idée : elle n’offre, au premier aspect, qu’un amas de maisons en terre, mal construites … »
A titre personnel, et depuis maintenant plus de 25 ans que je voyage au Mali, je me suis toujours interdit de me rendre à Tombouctou et je me suis juré de ne jamais le faire, pour ne pas connaître la déception que tant d’autres ont connue avant moi …Il ne faut pas toucher aux mythes.
On a longtemps rêvé de faire de Tombouctou le débouché du chemin de fer transsaharien dont personne n’a jamais été capable de dire ce qu’il pourrait bien transporter …
Aujourd’hui encore, on cite des chiffres invraisemblables de manuscrits supposés se trouver à Tombouctou, tout comme on fantasme une ville qui aurait compté jadis 100.000 habitants et 20.000 étudiants. C’est en fait extrapoler en considérant que les milliers d’élèves des écoles coraniques qui ânonnaient le Coran, pour peu qu’ils n’aient jamais été aussi nombreux étaient des étudiants. Pourquoi, alors, ne pas dire que la  France compte aujourd’hui 12 millions d’étudiants ?"
 
Que reste-t-il de la colonisation française au Mali ?
 

"Des traces diverses. La France y a d’abord laissé sa langue, et en partie sa culture. Si la très grande majorité de la population malienne ne maîtrise par le français, notre langue est la aujourd’hui la langue officielle utilisée dans l’enseignement et l’administration, même si un enseignement de base en langue nationale s’est progressivement mis en place, ainsi qu’un enseignement en arabe. Les systèmes scolaires et universitaires maliens sont calqués sur les systèmes français.
Les élites maliennes ont été essentiellement formées en France, mais les regards se tournent aujourd’hui davantage vers les Etats-Unis (cas de l’ancien premier ministre Modibo Diarra
La présence française se marque aussi par le système administratif du pays. Jusqu’à la chute de Moussa Traoré en 1991, celle-ci était à peu de chose près la même qu’à l’époque coloniale, le pays étant divisé en cercles ayant à leur tête un commandant de cercle, les cercles étant à leur tours divisés en arrondissement (dits subdivisions à l’époque coloniale). La politique de décentralisation menée par le président Konaré conduisit à créer environ 700 communes, dont beaucoup reprenaient les limites des anciens cantons coloniaux supprimés à la veille de l’indépendance. L’administration coloniale était une administration de commandement, autoritaire et au besoin brutale. Il serait difficile de dire que les choses ont beaucoup changé …
La colonisation française est présente dans l’espace par les bâtiments qu’elle y a laissés et qui sont toujours utilisés aujourd’hui. Le complexe administratif de Koulouba date ainsi de 1906 : le Président de la République a pris la place du gouverneur. Il en est de même des splendides bâtiments de l’Office du Niger à Ségou.
Le pont barrage de Markala, achevé au lendemain de la seconde guerre mondiale en est un autre exemple. On y trouve les rails du transsahariens relancé par Vichy et dont la gare avait même était construite à Markala !
D’un point de vue militaire, la plupart des camps et bases militaires du pays datent de l’époque coloniale. La gendarmerie malienne a ainsi succédé à la gendarmerie française, dans les mêmes locaux et au départ avec le même personnel.
Les liens militaires sont très forts, me semble-t-il, avec la France. Surtout, l’héritage de l’histoire est fondamental. Pour les Maliens, leurs ancêtres ont sauvé la France au cours des deux guerres mondiales, et il est donc tout naturel que la France vienne aujourd’hui à leur secours. Beaucoup des tirailleurs dits « sénégalais » étaient en effet originaire du Mali actuel, et plusieurs de dizaines de milliers d’entre eux sont morts pour la France, lors des deux grands conflits et des guerres d’Indochine et d’Algérie. L’ancien combattant est donc un personnage clé de la société malienne.
Le professeur Bakari Kamian qui fait autorité dans son pays en matière d’histoire a bien exprimé la matière dont on y perçoit les choses dans son ouvrage : Des tranchées de Verdun à l’église Saint-Bernard. 80.000 combattants maliens au secours de la France (1914-18 et 1939-45), Paris, Karthala, 2001.
Il faut cependant avoir conscience que l’immense majorité de la population malienne d’aujourd’hui est née bien après l’indépendance, puisque la moitié des Maliens a sans doute moins de 25 ans…
L’islam même est en quelque sorte un héritage colonial ! En dehors des populations nomades du nord du Mali : Arabes, Maures, Touaregs et des Peuls, c’est au cours de l’époque coloniale que s’est convertie la majeure partie de la population. Au sud du Mali, en effet, l’islam, présent dès le moyen-âge, était une religion minoritaire professée par une élite intellectuelle et/ou marchande. C’est autour de 1945 seulement que les musulmans ont dépassé en nombre les tenants des cultes de terroir traditionnels, le christianisme étant très minoritaire (quelques % de la population tout au plus).
On le dit peu, mais la célèbre mosquée en terre de Djenné a été construite par l’administration coloniale en 1906 …
Le Mali a aussi hérité de la France sa conception de la laïcité. Cette conception fut ardemment défendue par les pères de l’indépendance, mais on peut se demander si elle est encore d’actualité tant les associations musulmanes pèsent aujourd’hui sur le pouvoir à Bamako."

 

 Edito Marraine 1er REC

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Les souvenirs des anciens de la Légion Etrangère de l'AALEV

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